Marguerite de Provence

En 1233, Blanche de Castille envoie un de ses chevaliers en Provence, en partie pour compenser le gênant Raymond VII, comte de Toulouse, et en partie pour rencontrer Marguerite, dont la grâce et la beauté sont largement rapportées. Marguerite et son père divertirent bien le chevalier, et bientôt Blanche négocia avec le comte de Provence, afin que sa fille épouse le roi. Marguerite a été choisie comme un bon match pour le roi plus pour sa dévotion religieuse et sa manière courtoise que pour sa beauté. Elle est escortée à Lyon par ses parents pour la signature du traité de mariage. De là, elle est escortée à son mariage à Sens par ses oncles de Savoie, William et Thomas. Le 27 mai 1234, à l’âge de treize ans, Marguerite devient l’épouse de Louis IX de France et reine consort de France. Elle a été couronnée le lendemain. Le mariage et son couronnement en tant que reine ont été célébrés à la cathédrale de Sens.

Le mariage a été difficile à de nombreux égards. Blanche exerça encore une forte influence sur son fils, et le fera tout au long de sa vie. En signe de son autorité, peu de temps après le mariage, Blanche renvoya les oncles de Marguerite et tous les domestiques qu’elle avait amenés avec elle depuis son enfance. Margaret et Blanche s’en voulaient depuis le début.

Margaret, comme ses sœurs, était réputée pour sa beauté. On disait d’elle qu’elle était “jolie avec des cheveux noirs et de beaux yeux”, et dans les premières années de leur mariage, elle et Louis entretenaient une relation chaleureuse. Son confesseur franciscain, William de St. Pathus raconte que les nuits froides, Marguerite plaçait une robe autour des épaules de Louis, lorsque son mari profondément religieux se levait pour prier. Une autre anecdote rapportée par St. Pathus relatait que Margaret estimait que les vêtements unis de Louis n’étaient pas favorables à sa dignité royale, ce à quoi Louis répondit qu’il s’habillerait comme elle le souhaitait, si elle s’habillait comme il le souhaitait.

Ils aimaient rouler ensemble, lire et écouter de la musique. Les attentions du roi et de la cour attirées par la nouvelle reine ne firent que rendre Blanche plus jalouse, et elle s’efforça de séparer le roi et la reine autant que possible.

Pendant la Septième CroisadEdit

Marguerite accompagna Louis lors de la Septième Croisade (leur première). Sa sœur Béatrice a également rejoint. Bien qu’initialement la croisade ait rencontré un certain succès, comme la prise de Damiette en 1249, elle est devenue un désastre après que le frère du roi a été tué et que le roi a ensuite été capturé.

La reine Marguerite était responsable des négociations et de la collecte de suffisamment d’argent pour sa rançon. Elle fut ainsi pendant un bref moment la seule femme à mener une croisade. En 1250, alors qu’elle se trouvait à Damiette, où elle a maintenu l’ordre avec succès au début de la même année, elle a donné naissance à Jean Tristan.

Le chroniqueur Jean de Joinville, qui n’était pas prêtre, rapporte des incidents démontrant la bravoure de Marguerite après que Louis eut été fait prisonnier en Égypte : elle a agi avec détermination pour assurer un approvisionnement alimentaire aux chrétiens de Damiette, et est allée jusqu’à demander au chevalier qui gardait sa chambre de la tuer ainsi que son fils nouveau-né si la ville tombait aux mains des Arabes. Elle a également convaincu certains de ceux qui étaient sur le point de partir de rester à Damiette et de la défendre. Joinville raconte également des incidents qui témoignent de la bonne humeur de Marguerite, comme à une occasion où Joinville lui envoya de beaux draps et, lorsque la reine vit arriver son messager les portant, elle s’agenouilla par erreur en pensant qu’il lui apportait de saintes reliques. Quand elle se rendit compte de son erreur, elle éclata de rire et ordonna au messager : ” Dis à ton maître que les mauvais jours l’attendent, car il m’a fait m’agenouiller devant ses camelines !”

Cependant, Joinville remarqua également avec une désapprobation notable que Louis demandait rarement après sa femme et ses enfants. Dans un moment de danger extrême lors d’une terrible tempête sur le voyage de retour en France de la Croisade, Marguerite supplia Joinville de faire quelque chose pour l’aider; il lui dit de prier pour la délivrance, et de jurer que lorsqu’ils arriveraient en France, elle irait en pèlerinage et offrirait un navire en or avec des images du roi, d’elle-même et de ses enfants en remerciement de leur évasion de la tempête. Marguerite ne pouvait que répondre qu’elle n’osait pas faire un tel vœu sans la permission du roi, car lorsqu’il découvrit qu’elle l’avait fait, il ne la laisserait jamais faire le pèlerinage. Finalement, Joinville lui promit que si elle faisait le vœu, il ferait le pèlerinage pour elle, et lorsqu’ils arrivèrent en France, il le fit.

Importance politiqueModifier

Son leadership pendant la croisade lui avait apporté un prestige international et après son retour en France, Marguerite était souvent sollicitée pour arbitrer les différends. Elle craint cependant les ambitions du frère de son mari, Charles, et renforce le lien avec sa sœur Eleanor et son mari Henri III d’Angleterre comme contrepoids. En 1254, elle et son mari les invitent à passer Noël à Paris.

Puis, en 1259, le Traité de Paris est né car les relations entre Louis et Henri III d’Angleterre s’étaient améliorées. Margaret était présente lors des négociations, avec toutes ses sœurs et sa mère.

Plus tard, Louis devint vexé de l’ambition de Marguerite. Il semble qu’en matière de politique ou de diplomatie, elle était en effet ambitieuse, mais quelque peu inepte. Un envoyé anglais à Paris dans les années 1250 rapporta à l’Angleterre, manifestement dégoûté, que “la reine de France est fastidieuse en paroles et en actes”, et il ressort clairement du rapport de l’envoyé de sa conversation avec la reine qu’elle essayait de se créer une occasion de s’engager dans les affaires d’État, même si l’envoyé n’était pas impressionné par ses efforts. Après la mort de son fils aîné Louis en 1260, Marguerite a incité le fils suivant, Philippe, à prêter serment que peu importe à quel âge il succéderait au trône, il resterait sous sa tutelle jusqu’à l’âge de trente ans. Lorsque Louis a découvert le serment, il a immédiatement demandé au pape d’excuser Philippe du vœu au motif que lui-même ne l’avait pas autorisé, et le pape a immédiatement obligé, mettant fin à la tentative de Marguerite de se faire une seconde Blanche de Castille. Par la suite, Marguerite n’a pas non plus réussi à influencer son neveu Édouard Ier d’Angleterre pour éviter un projet de mariage pour l’une de ses filles qui favoriserait les intérêts dans sa Provence natale de son beau-frère, Charles d’Anjou, qui avait épousé sa plus jeune sœur Béatrice.

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